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10 ans d’anglais et même pas bilingue

Oui tu as bien lu, 1o ans d’anglais et même pas bilingue. Mon anglais sur le terrain ne reflétaient pas mes notes. Malgré l’amour que j’avais pour l’anglais et le travail  que j’ai fourni  pendant des années ne m’ont pas rendu bilingue.

Adolescente, j’adorais l’anglais. A l’époque j’achetais en cachette de mes parents le magazine « star club ». Magazine phare des  adolescentes de mon époque. Je l’achetais surtout pour lire et comprendre les  paroles de mes chansons préférées (boyz II Men, Mariah Carey, Michael Jackson…). Je te parle d’une époque ou internet n’existait pas. C’est en partie grâce à ce magazine que j’ai enrichi mon vocabulaire très jeune.Il coutait 10 francs (1,50€) une somme énorme pour moi. Sans le savoir c’était mon premier investissement sur moi même.

Quand j’ai quitté l’université, j’avais enfin atteint au moins le niveau « bilingue ». Mais je ne suis pas devenu bilingue à la fin de mes etudes en France.

Ici, je te raconte mon histoire avec la pratique de l’anglais, cette langue vivante. Une langue vivante ne se limite pas à dormir dans un livre ou un cahier.

Ma connaissance du UK.

Quand j’ai été accepté pour faire le programme d’échange Erasmus, j’ ai eu deux sentiments contradictoires: heureuse: parce que j’avais été accepté pour faire Erasmus au UK et déçue parce que je devais aller aux Pays de Galles . J’avais cette idée que si j’allais aux Pays de Galles, mon anglais n’allait pas décollé, pour moi on apprend l’anglais en Angleterre, logique non?

J’essayais de me rassurer auprès de la prof. pour qu’elle me confirme que les gallois parlaient bien anglais, et que les cours était bien en anglais aussi.

La seule chose, que je connaissais du Pays de Galles, était la feu Lady D, je savais qu’elle avait été la princesse de Galles.

Sur place on sent très vite  qu’on est aux Pays de Galles et pas en Angleterre. C’est labas que j’ai appris à différencier le UK de l’Angleterre, du Pays de Galles… (j’ai longtemps cru que le UK et  l’Angleterre était la même chose).  Passé la frontière avec l’Angleterre, c’est un drapeau avec un dragon qui flottait et les panneaux de signalisations dans les 2 langues (English and Welsh).

I was  in « Cymru » (Pays de Galles en Gallois).

Pays de Galles

Faut pas dire à un Gallois qu’il est Anglais sinon il sera pas content.Et l’inverse est aussi.

Les gallois sont très fiers de leur pays et n’aime  pas qu’on les associent aux anglais. Après tout c’est un pays à lui seul. Les gallois sont des British (pas des English)

De ma classe nous étions deux à partir. Le Jour du départ nous n’avions toujours pas de logement, et à peine arrivé à l’université nous avions dû nous trouver un logement rapidement. On nous avait dit que c’était facile de se loger. J’ avais de toute façon décider de faire de la co-location  pour apprendre plus vite à parler anglais. Une fois sur place, on a fait comme beaucoup de monde, on a fait du porte à porte pour trouver une co-location.

Le moment ou  j’ai compris mon niveau d’anglais.

Comment te dire, la claque (non la grosse claque )  que j’ai eu quand un Gallois m’ a répondu en anglais. J’ai pas compris…j’ai rien compris et  son accent gallois ne m’a pas plus aidé. A vrai dire je n’avais pas plus d’expérience avec l’accent anglais. En cours  on nous mettait des audios faient par des professionnels, qui parlait un anglais limpide et puis on écoutait l’audio plusieurs . Rien à voir avec ce que j’ai trouvé sur le terrain.

Mon oreille n’était pas habitué à entendre de « l’anglais parlé ».

Ma première réflexion a été « WTF qu’est ce que j’ai foutu à l’école pendant plus de 10 ans pour ne rien  comprendre!? Deuxième réflexion: pourquoi je n’arrive pas à lui répondre? Ben oui! Pas assez de pratique mais beaucoup de théorie dans mon cerveau. Toute la grammaire était bien stockée et bien rangée dans mon cerveau   (préterit, present perfect, past perfect, conditionnal …), j’avais aussi le vocabulaire, et pourtant y avait encore un autre vocabulaire utilisé.

Tout ça, ne m’a servi à rien, j’avais un gros problème et je me suis rendue compte que  je n’avais jamais pratiqué l’anglais en faite.

La vérité, quand j’ai compris mon niveau d’anglais, j’ai failli pleurer de tristesse et de colère. Mes notes ne reflétaient pas du tout mon niveau sur place (et pourtant j’en avais eu des bonnes notes).J’ai perdu toute confiance en moi et en mes capacités.

Les premiers mois il m’ était impossible de passer un coup de téléphone en anglais, je faisais appeler ma coloc. (une fille du Bahrain) avec un anglais parfait. Pourtant l’anglais n’était pas sa langue maternelle. Plus je parlais et plus ça me frustrait d’avoir des difficultés à m’exprimer correctement.  Mais j’etais déterminée, j’étais tellement déterminée que j’évitais  même les français qui était à  l’université.

J’ai passé les 3 mois à dormir avec des maux de tête. Toute la journée je  faisais de la gymnastique avec mon cerveau. Je réfléchissais en français, je traduisais dans ma tête en anglais, et au final je parlais un anglais cassé. Parler  me demandait beaucoup de concentration et d’effort,  à la fin de la journée j »avais épuisée tout mon énergie. Je me tenais la tête tellement je la sentais lourde. Je m’endormais avec des maux de tête horrible. J’aurais pu me droguer au doliprane

Très grosse erreur a ne surtout pas faire, celle de penser dans sa langue maternelle.

 Au bout de 3 mois je commençais à réfléchir en anglais et enfin j’ai compris qu’il fallait que je réfléchisses en anglais. Oui j’ai compris que  pour mieux m’exprimer il fallait que je change ma façon de penser . Penser en anglais me mettait directement dans le bain et m’éviter cette gymnastique entre le français et l’anglais.

Nous avions commencer en septembre et nous étions déjà en janvier de l’année suivante lorsque je commencais à m’habituer à l’anglais. Au moment ou je me sentais à l’aise en anglais, l’année scolaire (Erasmus) se terminait.

A la fin de cette année Erasmus, je n’étais  pas toute à fait  satisfaite de mon niveau en anglais, j’avais encore beaucoup de chose à améliorer. J’ai décidé après une longue réflexion d’arrêter mes études, et c’était avec beaucoup  de tristesse (j’en ai versé des larmes de cet arrêt brutal). Eh oui! 2 décennies dans le système scolaire, je m’y suis attachée inconsciement.  Et puis après tout je n’avais connu que ça dans ma vie jusqu’à mes 22 ans. Bien sur j’ai fait des boulots saisonnier. Sérieusement à la fin de la licence passé aux Pays de Galles, je ne me  voyais pas retourner sur les bancs de la faculté et me taper une année de plus à ingurgiter de l’anglais théorique. J’avais eu ma dose!!

J’ ai décidé de rester et de  rentrer dans le monde du travail. Je me suis installée dans la capitale (non pas London) mais  Cardiff (capital du Pays de Galles). J’étais déterminé à faire de l’anglais une seconde nature.

 « ce que nous persistons à faire devient plus facile, non pas que la nature de la tache ait changé, mais parce que notre capacité à l’accomplir s’est accrue « .

15 ans plutard

15 ans plus tard me revoilà  au UK,  et cette fois en Angleterre.  Je t’avoue que ça me fait bizarre de dire Angleterre. Il est plus facile pour moi de dire UK, mon expérience chez les gallois m’avait marqué. Apres tout, c’est labas que j’ai appris à parler anglais.

Me remettre à parler en anglais, quand ça fait longtemps que je n’ai pas pratiqué, c’est comme me remettre au sport aprés avoir arreter pendant une décennie. Je  n’ai ni parlé anglais (si quelque mot par-ci par là), ni lu un livre et encore moins entendu parler en anglais depuis plus de 10 ans.

Rien pendant  10 ans mais je n’ai pas trouvé de difficulté à m’exprimer à nouveau en anglais. Il m’a fallu quelques semaines pour me réadapter et reprogrammer mon cerveau. Et je t’avoue que je découvre toujours quelque chose de nouveau comme un mot, une expression, la prononcition…

Certaines règles de grammaire sont indélébiles (de l’anglais de la sixième à la fac ça laisse des traces) et certaines ont disparu de ma mémoire et sont allées se loger dans mon subconscient.  Je sais toujours écrire  mais sans me souvenir de la règle de grammaire.

Le cerveau est comme un muscle qu’il faut travailler, et seul la pratique apporte des résultats.

Avoir un diplôme ce n’est pas un gage que ce que tu as appris,  va te rester en tête toute ta vie.

Le diplôme te dit juste  qu’au moment ou tu l’as reçu, tu avais compris, mais avec les années la théorie s’évapore.

« Seule une éducation critique peut, a mon avis, etre qualifié de libérale » Stephen R. Convey

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